
Gernot NEBEL est né en Autriche en 1936 et arrivé au Canada en 1956. Après des études post-secondaires à Vienne, il a obtenu une maîtrise de l'Université de Montréal. De 1974 à 1994, il a enseigné au Collège F.-X. Garneau, à Québec. Depuis, il se consacre entièrement à la peinture. Plusieurs voyages en Amérique latine et au Maroc, des voyages fréquents dans les pays européens et des séjours réguliers de travail en France ont marqué sa recherche en art visuel. Il est membre de VIDERE (Association d'artistes professionnels en arts visuels de Québec) et de RAAV (Regroupement des artistes en arts visuels du Québec). Depuis 1991, il a participé à des expositions solo (Québec, Allemagne, France et Maroc) et collectives (Québec et Mexique). Parmi d'autres réalisations dans le domaine du livre, il a illustré le recueil de poèmes Errances de Carol LeBel (Éditons Le Loup de Gouttière, 1994).
QUELQUES RÉFLEXIONS SUR SON TRAVAIL«Essentiellement, il s'agit d'un travail d'exploration et de recherche.
L'exploration se situe avant tout sur le plan de l'événement artistique et la recherche se concrétise dans le domaine technique.
Dans les deux cas toutefois, on doit parler plutôt d'une attitude et d'un comportement de disponibilité que d'une action qui se fixe un but et prend les moyens pour l'atteindre.
D'abord sur le plan technique, mon approche se traduit par l'interaction des média. Les encres, l'acrylique, même l'aquarelle et le fusain trouvent leur application au moment exigé. Là, les variations et les combinaisons sont illimitées car chaque médium, par ses particularités, contribue à la forme et au fond de l'image.
Les pigments de terre, particulièrement ceux de la Haute-Provence (Roussillon), ont ouvert des chemins riches en textures, Leur opacité favorise la technique de "grattage" et de "décapage" et permet ainsi la mise en lumière des couches antérieures.
L'événement artistique, qui est véritablement la raison d'être de l'exploration, peut se comparer au comportement du marcheur sur un terrain inconnu. Le chemin est à faire et, à la suite de la marche, la démarche se dessine.
En d'autres mots, en partant, il n'y a pas de but fixe. Il y a le désir de marcher avec l'espoir que les yeux soient ouverts. Bien sûr que notre vécu, notre histoire nous habitent et les comparaisons avec l'œuvre du passé nous guettent. Par contre, si l'état d'âme de l'enfance et la main de la maturité se manifestent, l'exploration et la réalisation de l'événement artistique sont possibles. Et alors, c'est ça le but: la visite au "non arpenté" et l'avènement du sentiment de la première fois.
Est-ce que cela veut dire qu'il n'y a pas de thème, pas de sujet? À priori non, à posteriori oui.
On peut constater qu'on ne peut explorer et visiter que son propre inconnu. Par conséquent, les thèmes et les sujets qui se révèlent, tout en étant variés, sont liés par une paternité définie. Ainsi, certains "sujets" comme la solitude, le désir de rencontre, les rythmes musicaux reviennent fréquemment.
La découverte a lieu quand une parcelle de soi-même se révèle, se dé-couvre.
Et c'est pour cela qu'on travaille.» (G.N.)
Gernot Nebel, |
Gernot Nebel, |
Ce vers a été emprunté à Alphonse Piché,
décédé le 2 décembre 1998:
Stigmates d'automne
les feuilles mortes
débris de soleil.
(Néant fraternel, Écrits des Forges/Koudhia, 1991)
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