quebec .

CANADA



Micheline BEAUDRY
Janick BELLEAU
Hélène BOISSÉ
Hélène BOUCHARD
Yves BRILLON
Pierre CADIEU
Lisa CARDUCCI
France CAYOUETTE
Diane DESCÔTEAUX
Jean DORVAL
Huguette DUCHARME

André DUHAIME
Célyne FORTIN
Jacques GAUTHIER
Anne-Marie LABELLE
Carol LEBEL
Hélène LECLERC
Robert MELANÇON
Guy MÉNARD
Line MICHAUD
Mike MONTREUIL
Bertrand NAYET
Jeanne PAINCHAUD

Monique PARENT
keven pearson tremblay
Luce PELLETIER
Michel PLEAU
Alain RAIMBAULT
Patrick SIMON
Monika THOMA-PETIT
Jessica TREMBLAY
Louise VACHON
Jocelyne VILLENEUVE
Évelyne VOLDENG



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Micheline BEAUDRY     beaudrymicheline@hotmail.com

Née à Montréal en 1942, Micheline Beaudry habite en Montérégie. A publié l'essai Les maisons des femmes battues au Québec (Éditions Saint-Martin, 1984) traduit en anglais sous le titre Battered Women (Black Rose Book, 1985). Elle publie dans des revues, telles Arcade, XYZ, Brèves littéraires, Planète Rebelle, etc. Elle a participé à des anthologies de haïkus françaises, québécoises, canadiennes, roumaines et internationales, ainsi qu'à la fondation du journal Gong et de l'Association française du haïku. On peut la lire sur de nombreux sites électroniques en particulier sur Temps libres de Serge Tomé, Haïku sans frontières d'André Duhaime, Lynx de W. et Jane Reichhold, Simply Haiku, etc. Elle a publié Blanche Mémoire (renku en coécriture avec Jean Dorval; Éditions David, 2002) et Les couleurs du vent (haikus; Éditions David, 2004). Elle projette un nouvel essai poétique sur l'œuvre d'André Duhaime.



reflet de neige
sur le casque du scaphandre
à l'hôtel de Rimouski


les feuilles tombent
j'ai acheté un agenda
Blueline 2009


les canards
s'enfoncent dans le miroir de l'eau
un goût de châtaigne


avec sa canne
il souffre sa mort
debout


des arbres
les couleurs tombées
s'enfoncent sous la terre


toute la nuit
ils ont « callé » l'orignal
la chasse est ouverte


soir d'automne
suivre sur l'écran la chute
du TSX à Toronto


ils sont tous morts
parents, oncles, tantes
nous sommes seuls


elle entend le train
à chaque fois qu'il passe
il en parlait souvent


ce bleu au centre de l'œil
étang qui attire les oies
en partance


d'un deuil à l'autre
le blanc des marguerites
se perd dans la blancheur


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Janick BELLEAU

Montréalaise de naissance et Belge d'adoption. Diplômée de l'Université d'Ottawa en Lettres françaises et en Communications sociales. Ses articles de fond (rappelant souvent la contribution des femmes en littérature) paraissent dans des revues alternatives ou littéraires depuis 1985. A fait paraître des recueils personnels: L'en-dehors du désir (du Blé, Winnipeg, 1988) et Humeur… haïku & tanka (Carte blanche, Montréal, 2003); tous deux illustrés par Diane Desmarais. A codirigé, avec Micheline Beaudry, un ouvrage collectif L'Érotique poème court / haïku (Biliki, Bruxelles, 2006); ce thème étant une première dans la Francophonie (77 poètes, 182 poèmes inédits, 9 illustrations). Le livre s'est classé finaliste au Prix Gros Sel du Public (Belgique). En 2008, a dirigé Regards de femmes - haïkus francophones (AFH, Lyon et Adage, Montréal); également une première dans la Francophonie (86 femmes poètes, 283 poèmes inédits en français langue originale, 14 illustrations). Le corpus principal est précédé d'une étude de l'auteure, « Francophone et féminin, le haïku ». A publié D’âmes et d’ailes / of souls and wings – un recueil de 91 tanka précédé d’un historique du tanka au féminin depuis le IXe siècle. Recueil entièrement bilingue (Éd. du Tanka francophone, Laval, 2010). Lauréate du prestigieux concours de haïku du Mainichi Daily News (Japon), section internationale: 2e prix (2006) et Mention Honorable (2007et 2008). Initiatrice et coorganisatrice du 3e Festival du haïku francophone de l'Association française de haïku tenu à Montréal, en octobre 2008. Voir son site.    (Photo : © Adena Franz, 2008)



parc viennois
sifflant un air de Mozart
gamin sur patins


jazz langoureux
nous quittons la route
pour un champ de blé


algue flottante
dans bain bouillonnant
ta chevelure


nue sous tes perles
tes baisers aux framboises
sur tapis turc


clair de lune
son corps au seuil de la mort
plus blanche la neige


jour du Souvenir
les feuilles mortes brûlées -
sanglots pour papa


il pleut à torrents
sent-elle l'humidité
l'âme du défunt


action de grâces
champagne et vieux films
vers Tokyo


dimanche flâner
dans l'avenue des geishas -
parfum d'Edo


nuit érotique
tempête de neige et de vent
au cœur de tes côtes



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Hélène BOISSÉ    heleneboisse11@hotmail.com


En l'an 2000, à l'Université de Sherbrooke, Hélène Boissé a obtenu une maîtrise en création littéraire. Présentement, elle écrit et anime des ateliers d'écriture dans sa ville, soit dans un café, soit autour d'une table de cuisine. Elle a publié un recueil de récits (Tirer la langue à sa mère, Triptyque, 2000) et plusieurs recueils de poèmes (Je n'écris plus, des Forges, 1990; Et autres infidélités, Triptyque, 1990; De l'étreinte, Triptyque, 1995; Silence à bout portant, Triptyque, 1999; Tout a une fin, Triptyque, 2005), ainsi que deux recueils de haïkus (Sentir la terre, David, 2005; Le jour ne se lève jamais seul, AFH, 2009). Certains de ses recueils ont reçu des prix ou des mentions, dont Le Grand Prix littéraire de la ville de Sherbrooke, en 1991, pour son recueil Et autres infidélités.



sentir le silence
que la neige réinvente
en tombant


grand ciel de neige
qui appartient tout entier
à une corneille


arbres morts
on peut aussi
mourir debout


les invités partis
fin de soirée tranquille
avec les lucioles


tailler les asters
juste pour leur parfum
qui colle aux mains


ne pèse pas plus que le ciel
sur mon bras
la chenille


tendus vers le ciel
un même enracinement
le pin solitaire et moi


ciel bavard
deux corneilles m'empêchent
de broyer du noir


les nuages passent
m'apprenant du même coup
à passer


sans les oiseaux
combien serait inachevée
l'aube dans le jardin



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Hélène BOUCHARD     helene.bouchard@globetrotter.net

Hélène Bouchard vit à Sept-Îles, sur la Côte-Nord du Saint-Laurent. Les grands espaces, la nature sauvage, la fragilité de l'être l'habitent et l'inspirent. Depuis qu'elle a découvert le haïku, en 2000, ses poèmes ont été publiés dans des revues spécialisées telles Gong, casse-pieds, Arcade, Haïkaï et dans une dizaine d'ouvrages collectifs. Pour entretenir et partager sa passion littéraire, elle participe annuellement au Camp Haïku de Baie-Comeau. Elle anime des ateliers d'écriture à Sept-Îles. L'année 2008 est une année charnière pour elle : elle publie son premier recueil Percées de soleil (Éditions David), et on retrouve aussi ses haïkus dans les collectifs Carpe Diem (Éditions David et Borealis Press), Toucher l'eau et le ciel (Éditions David), dans La page jaune (Éditions Tire-Veille) et Regards de femmes (Adage-AFH).



jour de pluie
l'enfant observe la vie
à travers la vitre


10 degrés Celsius
au kiosque de crème glacée
la vendeuse somnole


soleil levant
seule à la mer elle nage
dans le feu et l'eau


un vent parfumé
s'engouffre dans mon corsage
des mouches noires aussi


entre mouches noires
et papillons blancs
partager ses bleuets


au pas de course
elle fend le vent sur la plage
cheveux en tempête


quai de Matane
sa chevelure au vent
face aux éoliennes


sous son œil avide
elles se dandinent sur la plage
trois outardes dodues


gémissement du vent
sous une pluie torrentielle
beau temps sous la couette


après le verglas
le petit bois rabougri
un palais de glace


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Yves BRILLON     brillon@videotron.ca

Né à Montréal, Yves Brillon a fait des études de sociologie aux Universités de Genève, Lausanne et Montréal. Retraité de l'enseignement universitaire, il écrit des haïkus depuis 1998. Il a participé à plusieurs anthologies de haïkus notamment à Haïkus et francophonie canadienne (David, 2000), à Chevaucher la lune (David, 2001) et à Sun Through the Blinds (Shoreline, 2003). Il a publié dans diverses revues (Carquois, Gong, Casse-pieds, Haïkaï et Marco Polo), certains de ses haïkus ont été traduits en russe. Il a gagné plusieurs prix (Gong, Marco Polo, Lion d'or, Graphéus) et une mention honorable au concours Mainichi 2007. Il a publié D'un instant à l'autre, son premier recueil de haïkus, en 2007 (Éditions Karedas, Paris). En novembre 1997, il a ouvert le site de poésie L'Île de Calliope où, en plus de présenter ses poèmes, il a élaboré une anthologie des poètes du web.



dans la casquette
du clochard endormi...
une feuille morte


un cellulaire sonne
en même temps deux personnes
fouillent dans leurs poches


la souris par terre
beaucoup plus qu'un double-clic
la patte du chat


autre jour de pluie
tout seul sur la corde à linge
un maillot de bain


dans cette maison
qu'occupent des étrangers
ma petite enfance


une autre nuit blanche
elle regarde par la fenêtre
tomber la neige



le chien à l'étang
son museau fait onduler
les nuages blancs


surface du lac
soudain baignée d'accalmie
l'automne à l'envers


soleil levant
dans la vitre givrée
un amas d'étoiles


nuit à Bethléem
soudain les bergers s'arrêtent…
un mur de huit mètres !


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Pierre CADIEU    pierrecadieu@tlb.sympatico.ca

Poète, éditeur et ex-enseignant, Pierre Cadieu est né en 1947 à St-Jérôme dans les Laurentides. Il donne des récitals de poésie depuis 1965 et a publié plusieurs recueils de poésie dont : Clopec (Éditions du Cri, 1969), La Campagne du Parti Poétik (Éditions Neigeuses, 1970), Entre voyeur et voyant (Parti Pris, 1979), Pluies (Éditions Université libre, 1996) et La musique des mots (Éditions Université libre, 2005). En 2001, il a participé au film Archives de l'âme, documentaire sur la Nuit de la poésie (1970). Ses poèmes s'inspirent du langage quotidien et explorent l'inconscient collectif. En quête d'un verbe québécois, il est avant tout un poète de l'oralité. Vieux routier des grands spectacles de poésie, Pierre Cadieu a côtoyé, sur scène et dans la vie, Claude Gauvreau, Gérald Godin, Gilbert Langevin, Plume Latraverse, Guy Mauffette et Pierre Morency. Il a découvert le bouddhisme et le haïku au milieu des années 60 en lisant adolescent les romans de Jack Kerouac, il a été alors fasciné par leur extrême dépouillement en même temps que par leur immense pouvoir d'évocation. Depuis l'hiver 2006, il se consacre au haïku, et a publié dans les revues Haïkaï et Gong. Depuis 2007, il est coordonnateur de l'équipe SlamOutaouais. Bien que l'écriture de haïkus soit plutôt le fruit de la littérarité, les siens sont à l'occasion teintés d'oralité. Que de lieux communs à revisiter, à ramener à l'état sauvage. La voie est parfois escarpée, c'est souvent là que la beauté se cache! Voir sa page web.



Cris clairs des enfants
à la plage au soleil
vieux assis à l'ombre.


Nuit de canicule
seul le son d'un maringouin
comme moi sans sommeil.


Dans la nuit d'été
comme des miettes d'étoiles
mille mouches à feu.


Les oiseaux partis
dans le vide aucun cri
seulement la pluie.


Le grand vent s'essouffle
mais vite, reprend sa course
les feuilles applaudissent.


Au milieu du champ
le pin recroquevillé
dit d'où vient le vent.


Sol couvert de neige
seul quelques traces de pas
cherchent leur chemin.


Plus l'hiver dure
plus mon manteau pèse lourd
comme un carcan.


Être par erreur
d'un voyage organisé
quelle aventure !


À l'abri du froid
en dessous des feuilles mortes
les nouvelles pousses !




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Lisa CARDUCCI     carducci_lisa@yahoo.fr

Lisa Carducci est née à Montréal en 1943. Après 30 ans d'enseignement du français et de l'italien au Québec et en Chine, elle a travaillé à la Télévision Centrale de Chine, à Beijing, puis à la revue Beijing Information. Depuis 2007, toujours en Chine, elle se consacre au voyage et à l'écriture. Auteure de 48 livres en diverses langues, elle a aussi publié près de 3 000 articles et textes littéraires dans des revues, journaux et anthologie de par le monde. Elle a tâté de tous les genres: poésie, roman, nouvelle, journalisme, essai, théâtre, littérature pour enfants et même dessins animés. Mentionnons le recueil de renkus D'une saison à l'autre (avec André Duhaime; Le Loup de Gouttière, 1993). Pour la liste à jour de ses œuvres, aller à sa page sur l'Île. Elle a dirigé et coécrit le renku à quatre voix La Corbeille.



livre ouvert gelé
le nord gémit dans le vent
sur la page blanche


au temps de l'amour
mes rêves d'espace libre
meublé de fantômes


tes mains sur ma peau
parmi les rayons lunaires
font du cinéma


un ciel bleu baiser
croit au leurre transparent
de l'éternité


boulevard vivant
ma peur a couleur de fièvre
et goût de violon


jouer sur ton corps
au silence des étoiles
un air de guitare


mes mains te regardent
étrange photographie
où mes yeux te touchent


tu connais par coeur
la grammaire de mon corps
et son dictionnaire


pendant ton sommeil
je joue avec les nuages
et tu n'en sais rien


entre les étoiles
il faut bien un peu de ciel
de lumière tue


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France CAYOUETTE     cayleb@globetrotter.net

France Cayouette enseigne la littérature et la création littéraire au Centre d'études collégiales Baie-des-Chaleurs, à Carleton-sur-Mer. Cofondatrice et présidente du Regroupement des auteures et auteurs de la Gaspésie, elle anime aussi Les Ateliers d'écriture La page bleue dans sa région. Son recueil de haïkus, La lenteur au bout de l'aile, est paru aux Éditions David en 2007. Attirée par ce genre littéraire en tant qu'acte de résistance à la rapidité et au sensationnalisme de notre époque, elle y témoigne de la grandeur contenue dans le petit. Elle a aussi collaboré à quelques collectifs de haïkus et à plusieurs revues littéraires. Son recueil de poésie, Jolie vente de débarras, a été publié aux Éditions du Noroît en 2008. Suite de textes brefs et ciselés, il relate sa traversée vers l'acceptation de la fragilité humaine tandis que, complices, le monde et les choses deviennent un étrange bazar où tout vacille et s'estompe.



mon père
un fruit et l'odeur de l'usine
dans sa boîte à lunch


enfin seule
ma main beaucoup trop petite
pour ma peine et mon front


à l'horizon
il ouvre le paysage
le marcheur matinal


jusqu'à mon bureau
le vent transporte le rire
de deux vieillards


en rouleaux
au pied de la montagne
l'été fauché


première gorgée
les mains enveloppent la tasse
et le jour nouveau


dans mon cahier
ce soir elle prend toute la place
l'ombre de ma main


grand voyage
le long de l'étagère
boutique de thés


dans la boîte vocale
le silence de son père
trois fois


dernier jour d'école
sous l'escalier de secours
un nid d'hirondelle


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Diane DESCÔTEAUX     dianedxx@cooptel.qc.ca

Née en 1956 et ayant grandi dans la métropole, Diane Descôteaux vit dans la région de Drummondville depuis 1977. Diplômée de l'Université du Québec à Trois-Rivières en communication écrite, elle a publié : La magie du cœur (1990); De cœur et de chair (Prix de la Fondation Yolaine et Stephen Blanchard, Dijon, 2000); Trios (Les Adex, 2004); Averse d'étoiles (Teichtner, 2005 - Prix Marie Noël, 2006); L'heure du thé (Karedas, coll. kaiseki, 2008); Automne prélude (rensaku coécrit avec Luce Pelletier et Line Michaud, 2008) et Au-delà du décor (édition bilingue; Editura Confluente; Prix d'excellence en poésie de Roumanie, 2009). Elle a été codirectrice de la revue Carquois en 2004 et 2005. Elle anime des ateliers d'écriture en région et à l'étranger (Haïti et République dominicaine en 2008; Sénégal en 2009). Voir son site.



quatre heures moins treize -
retour au lit en croquant
une grosse fraise


à tâtons la nuit
se heurter le gros orteil
sur le pied du lit


mousse au chocolat -
tirer la langue en cachette
dans le fond du plat


ce long bout de route
s'est fait en un rien de temps -
j'ai dormi sans doute


au creux de la main
tenir des millions d'années -
fossile marin


bol de café crème
dont le bord est barbouillé
d'un peu d'elle-même


l'hiver qui s'amène -
l'heure normale de l'Est
en fin de semaine


réveil à Trouville
en Normandie et coucher
près de Drummondville


fenêtre assez basse -
un téléphone à la main
il passe et repasse


panonceau routier -
un corbeau plonge et se pose
droit sur Valcartier



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Jean DORVAL     jeandorval@hotmail.com

Jean Dorval vit à Québec. Il a publié Carnet du promeneur (poèmes avec photographies de Patrice Fortier, Éditions Mémoire Vive, 1997), Blanche mémoire (renku en coécriture avec Micheline Beaudry, Éditions David, 2002), Debout la lumière (poèmes, Écrits des Hautes-Terres, 2003), La trilogie échiquéenne (poèmes, Éditions David, 2004) et Quelle heure est-il ? (haïkus, Éditions Le Sablier, 2008). Ses haïkus et articles se retrouvent dans de nombreux collectifs (dont l'anthologie de haïkus Carpe diem, Éditions David et Borealis Press, 2008) et diverses revues ( casse-pieds, Gong, Ploc, Haïku Canada, Revue Tanka francophone). En 2004-2005, il a conçu et animé l'émission radiophonique Haïku de foudre sur les ondes de CKIA 88,3 FM de Québec. Il est conférencier et animateur d'ateliers d'écriture; il offre actuellement l'atelier La promenade du regard dans les bibliothèques de la région de Québec.



les gris de l'ombre
un long paletot qui prend
toute la rue


sur la pellicule
se régale un gros ours brun
pub de framboises


y coller ses lèvres
tout est près de s'effacer
devant le souffle


ce petit homme
qui m'offre sa lumière
rien qu'un pictogramme ?


après ton départ
les jours rallongent
sur le web


ta main
dans la mienne
bouquet


petite croix
dans ma poche
l'invisible


au cimetière
une rangée de peupliers
code à barres


bouteille à la mer
celle qui manque
au cellier


héron
de bout sur le rocher
point d'interrogation



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Huguette DUCHARME     duchug@yahoo.ca

Huguette Ducharme vit en Montérégie, entre rivière et montagnes. Elle découvre le haïku au cours des années quatre-vingt. Coup de foudre immédiat. Malheureusement, les exigences du travail lui accordent peu de temps pour l'écriture. Toutefois, bon an mal an, les courts poèmes noircissent ses cahiers. Elle fait aussi une incursion du côté de la littérature jeunesse et deux romans (Une enquête très spéciale et Drôle de pèlerinage) pour les 6-9 ans sont publiés aux Éditions de la Paix en 2004. Un moment fort dans son parcours : la découverte du Groupe Haïku Montréal auquel elle se joint début 2006. L'effet stimulant du groupe et la retraite raniment la flamme. Elle n'a plus posé son crayon depuis. Ses haïkus ont paru dans plusieurs revues, collectifs et anthologies en français et en anglais. Des prix sont aussi venus s'ajouter à sa feuille de route. En 2008, le 3e prix au concours sur le thème du thé, organisé par la Maison Chajin à Paris. En 2009, le prix d'improvisation au Concours Marco-Polo, un 3e prix au concours du Jardin botanique Roger Van den Hende, ainsi qu'au Genkissu, concours en anglais jugé au Japon. Elle a fondé et anime le Groupe Haïku de St-Hyacinthe depuis janvier 2009.



bavarder
au temps des lucioles
sur la véranda



au bout de son fil
l'araignée oscille
sport extrême


ton nom sur le sable
une agate
y met l'accent


monotone
la cadence sur les rails
le paysage aussi


trois janvier
un homme tond son gazon
où s'en va le nord


près du champ de seigle
des touffes de camomille
tisane ou bouquet


sur la table
les couleurs du verger
cerclées de cristal


des gouttes de thé
baptisent les draps blancs
tout neufs


soir de novembre
sur les murs et les miroirs
la vapeur du bain


nouveau chaton
dans la maison mes pas
sous surveillance


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André DUHAIME     haiku999@hotmail.com

André Duhaime pratique les formes classiques de la poésie japonaise (haïku, renku, tanka et haïbun) en les acclimatant à la sensibilité occidentale. Il a publié plusieurs recueils individuels, pour les enfants comme pour les adultes, édité diverses anthologies, rédigé des articles à caractère pédagogique, tout en assumant depuis une dizaine d'années la direction littéraire de ce site Web Haïku sans frontières. Il anime des ateliers d'écriture. Ses plus récentes publications sont Marcher le silence - Carnets du Japon (en coécriture avec André Girard, Éditions Leméac, 2006; Prix Canada-Japon 2008); les albums de haïkus pour jeunes Pissenlits et mauvaises herbes (illustrations de Romi Caron, Christian Feuillette éditeur, 2007) et Des têtes des queues des pattes (illustrations de Romi Caron, Christian Feuillette éditeur, 2007); les recueils collectifs Pixels (en co-direction avec Hélène Leclerc, Éditions Vents d'Ouest, 2008) et Adrénaline (en co-direction avec Hélène Leclerc, Éditions Vents d'Ouest, 2009); le recueil de haikus et tankas Séjours (Christian Feuillette éditeur, 2009).



le monde ce soir
premier plaisir d'automne
peler des pommes


sur les vitres
des traces de nez et de doigts
regardent encore la pluie


fragment de rêve
champlain et bashô prennent le thé
sur la pointe nepean


trottoir verglacé
à petits pas
sur d'autres pas


mon ombre
avec de plus longues jambes
ne me distancie pas


la nouvelle lampe de chevet
ranime les cicatrices
du vieux mur


le vendeur si étonné
que je veuille acheter
le journal d'hier


tout à coup songeur
devant un plat de fraises
voici l'été


l'eau de l'arroseur
se répand sur le gazon
et sur le trottoir


après des années
une rencontre par hasard
nos courts cheveux gris


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Célyne FORTIN

Née à La Sarre (Abitibi) en 1943, Célyne Fortin a fondé en 1971 (et dirigé jusqu'en 1991) les Éditions du Noroît avec René Bonenfant. De Femme fragmentée (Noroît, 1982) à Un ciel laiteux (Noroît, 2008) en passant par Commandements, litanies et autres imprécations (Heures bleues, 2003) et Chanterelles (Lanctôt éditeur, 2000), elle a publié huit recueils de poésie et huit livres d'artistes. Elle est aussi l'auteure de contes et récits : Jours d'été (Éditions de la Pleine Lune, 1998). Elle a également publié soit des textes, soit des dessins, dans des revues au Québec : Estuaire, Possibles, Cahiers, XYZ, Le Sabord, Arcade, Urgences ; aux États-Unis : Osiris ; en France : la Table Rase, les Cahiers bleus, Travers, Poésimages, RegArt et en Allemagne : Poésie Europe. Elle a aussi réalisé de nombreuses conceptions graphiques et des illustrations, participé à des lectures publiques et à un renku écrit à quatre écrivains intitulé La Corbeille. Son œuvre picturale compte de nombreuses réalisations, expositions de groupe ou solo dont une rétrospective de ses livres et livres d'artiste à La Sarre et Sorel en l'an 2000. Depuis 2003, elle dirige la collection Le Dire aux Éditions des Heures bleues.



la bise faisait
les joues couleur de corail
le corps marbre blanc


maison dans la neige
odeurs des lointains espaces
le ciel sert de toit


pieds et coeur nomades
l'espace à l'abandon
une fois de plus


la pierre bien chaude
sous les pieds juillet s'avance
au coeur de l'instant


des fougères exquises
leur ombre serait d'argile
tes jambes de plomb


si le vert est vert
un arbre un arbre pourquoi
suis-je une femme


un engoulevent
son vol découpe le ciel
en deux pans de gris


elle court longtemps
la plume pendant que l'oie
reste seule au sol


il y a du vent
il me faut (l')écrire mais
les feuilles s'envolent


j'entends ma voix mais
quelle est cette femme que
le miroir renvoie


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Jacques GAUTHIER     jacgau@sympatico.ca

Jacques Gauthier, né en 1951, a été professeur durant vingt ans à l'Université Saint-Paul d'Ottawa. Il se consacre maintenant à l'écriture et à la parole. Il a publié près de cinquante livres, dont plusieurs recueils de poèmes aux Écrits des Forges et aux éditions du Noroît, notamment La joie blessée (1992), Les lieux du cœur (1993), Marcheur d'une autre saison (1995), Ce jour qui me précède (1997 - Prix de l'Alliance française d'Ottawa-Hull), L'empreinte d'un visage (1999 - Prix du Café Quatre Jeudis), L'invisible chez-soi (2002), Chemins du retour (2006 - Prix Jacques-Poirier Outaouais), ainsi que L'ensoleillé (2008) aux éditions du Passage. Il a aussi publié le récit Le voyage de l'absente (Écrits des Hautes-Terres, 1999) et le roman Le secret d'Hildegonde (Vents d'Ouest, 2000). Son essai Les défis du jeune couple (Le Sarment-Fayard, 1991) est traduit en quatre langues (néerlandais, italien, portugais, espagnol); il a fait paraître à cette même maison d'édition La crise de la quarantaine (1999), constamment réédité. Spécialiste du poète Patrice de La Tour du Pin et de Thérèse de Lisieux, ses livres sont édités en France et traduits en plusieurs langues. Il a lancé la collection Les chemins de la prière aux Presses de la Renaissance à Paris dont il a écrit les cinq livres. Il a publié les recueils de haïkus Pêcher l'ombre (David, 2002) et Haïkus aux quatre vents (David, 2004) dont sont tirés les haïkus qui suivent. Pour plus de renseignements, voir sa page web.



le sentier s'est enfui
avec la première neige
le chasseur reste seul


il pleut dans la chaloupe
deux épouvantails à chapeau
pêchent leurs ombres


les coeurs de pommes
sur la balançoire à deux
des restes d'automne


les pas du marcheur
s'égrènent à la verticale
l'horizon recule


les chiens aboient
les oiseaux se taisent
passe la mongolfière


des poissons rouges
au jardin japonais
un goéland attend


l'orchidée suit la pente
puis c'est la nuit
qui l'aspire


ton corps se moule au mien
nous brûlons à côté
d'une bougie qui s'incline


le chat rêveur
s'avance vers toi
la lune dans ses yeux


stridence d'août
des cigales flamboyantes
aiguisent le silence


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Anne-Marie LABELLE     labelleeditions@hotmail.com

Anne-Marie Labelle est née en 1961, à Montréal. Comédienne, bibliothécaire et photographe, elle publie à compte d'auteure, en 2001 et 2002, deux ouvrages sur le quotidien des couples homosexuels, avec photos et témoignages à caractère social Scènes de vies conjugaies et Scènes de vies conjugaies - les femmes. Puis, très vite, Labelle tombe en amour avec le haïku et ses textes apparaissent dans quelques recueils collectifs. La particularité de son regard de photographe lui permet de capter tout ce qui l'entoure et d'ajouter une touche personnelle à la magie du haïku, comme le démontre son premier recueil de poésie et de haïku. En effet : Voyage au fond d'une mère (Christian Feuillette éditeur, 2006) juxtapose la poésie libre et les haïkus, dans une thématique moderne sur la maternité. Son deuxième recueil est en préparation et traitera de la première année de coexistence avec sa fille adoptive.



au milieu du verger
le voisin marie sa fille
une autre fleur blanche


une femme marche
le poids de la vie devant
défiant le monde



la jupe se soulève
le ventilateur
tourne la tête


partout où je vais
elle me suit pas à pas
ma lumière est une ombre


décoller lentement
les cuisses
chaise en plastique


voile brumeux
de la douche
nos corps confondus


sous l'averse froide
le tournesol s'incline
l'abeille boit le soleil


tremblement de terre
extirper les corps enfouis
puis les enterrer


la neige
a tout recouvert
sauf les corneilles


aube solitaire
entre les flocons et l'espace
ton visage


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Carol LEBEL     carollebel@hotmail.com

Carol LeBel est né à Québec en 1949 et il y vit de nouveau, écrit et peint, après une carrière comme professeur de philosophie au Cégep de Chicoutimi. Il participe régulièrement à différentes manifestations culturelles. Ses œuvres poétiques sont habituellement accompagnés de ses œuvres visuelles (photographies, aquarelles, acryliques, etc.). Ses recueils de poèmes sont : Ivresse en miettes (1981), Curriculum vidé (Éditions de l'A.Z., 1982), Difficile de respirer dans les yeux des autres (Sagamie/Québec, 1984), À la sortie du corps (Sagamie/Québec, 1986), Arrêtez vos mots, je descends (Éditions de l'A.Z., 1991), L'Espoir du doute (illustrations de Jean-Guy Barbeau; Le Loup de Gouttière, 1992), La nuit est un objet étrange (L'Hexagone, 2007). Il a publié divers recueils de haïkus : Errances (œuvres de Gernot Nebel; Le Loup de Gouttière, 1994), Petites éternités où nous passons (œuvres de Jayanta Guha; Le Loup de Gouttière, 1997), Des mondes nous échappent (œuvres de Yunjeung Yang; Le Loup de Gouttière, 2000), Clapotis du temps (David, 2003), Tout peut recommencer (illustration de Jean-Guy Barbeau; Le Loup de Gouttière, 2004), Où commence où finit le réel (Éditions de l'A.Z., 2006), Le temps nous échappe, le temps nous reprend (haïkus et tankas; Éditions de l'A.Z., 2007). Et des recueils de renkus : De l'un à l'autre (en coécriture avec André Duhaime, encres de Gernot Nebel; David, 1999), Comme papiers au vent (en coécriture avec Anne Peyrouse ; œuvre de Gernot Nebel, Le Loup de Gouttière, 2005), Sur la toile de l'ordinaire (en coécriture avec Brigitte Therrien, Le Loup de Gouttière, 2007).



seul au motel
des silences étrangers
et un robinet bavard


en vitesse   elle quitte le café
dans le cendrier   une lettre déchirée


deux adolescents
se renvoient du pied un oiseau mort
dimanche   il pleut


funérailles nationales
des milliers de personnes
apprennent le nom d'un poète


je ferme un livre
je vais à la fenêtre
la nuit est grande


des fleurs à la main
saluer une inconnue
au cimetière


sur le même banc
deux vieillards font silence
le parc est désert


lueurs de l'aube
quelqu'un marche seul
sur la plage


soir de lancement
trois ans de solitude
ce mince recueil


par la fenêtre
un gros glaçon s'égoutte
lentement   patiemment


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Hélène LECLERC     heleneleclerc72@yahoo.ca

Née en 1972, Hélène Leclerc a grandi à Saint-Hyacinthe et habite maintenant à Drummondville. Après des études en arts visuels à l'Université Laval, elle se tourne vers l'écriture et c'est en 2005 qu'elle découvre le haïku et le renku (La montagne bleue, Le vieil érable). Dès 2006, en collaboration avec André Duhaime, elle travaille sur plusieurs collectifs de haïku publiés dans la revue Haïkaï, puis sur le site Web Haïku sans frontières (Chacun sa bicyclette, Sur la route, Buffet chinois). Au printemps 2007, elle publie les recueils de haïkus, Lueurs de l'aube (Éditions David, 2007) et Cette lumière qui flotte (Éditions David, 2009). En janvier 2008, elle obtient une mention honorable au volet international du concours de haïku Mainichi, au Japon. Ses haïkus font partie de l'Anthologie canadienne du haïku - Carpe Diem (Éditions David et Borealis Press, 2008). Elle participe également aux collectifs Regards de femmes (Éditions de l'AFH et Adage, 2008) et Toucher l'eau et le ciel (Éditions David, 2008). En octobre 2008, dans le cadre du 5e GalArt organisé par la CDCCQ (Centre de développement culturel du Centre-du-Québec), elle reçoit le Prix Début de carrière professionnelle. En collaboration avec André Duhaime, elle assure la codirection des collectifs Pixels (Vents d'Ouest, 2008) et Adrénaline (Vents d'Ouest, 2009), recueils de haïkus reapectivement sur le thème des nouvelles technologies et sur les sports.



corde à linge
le vent tente d'enfiler
un pantalon


il pleut
ce court silence
sous le viaduc


avec une roche
un garçon brouille un lac
et une montagne


enfoncer la pagaie
dans un nuage
une montagne avance


sur l'annonce
de la halte routière
huit moineaux


une vigne
traverse la ruelle
sur un fil


il pleut
un mot s'agrandit
dans mon calepin


au téléphone
le bruit d'un avion
dans le ciel de l'autre


traverser le pont
le va et vient du regard
de la route au fleuve


je t'écris un courriel
mon ombre
joue du piano


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Robert MELANÇON

Né à Montréal en 1947, y vit. Robert Melançon a publié, entre autres: Peinture aveugle (VLB éditeur, 1979), Au petit matin (renga avec Jacques Brault; Hexagone, 1993), L'avant-printemps à Montréal (VLB éditeur, 1994), Notes sur un jour d'hiver (Éditions du Silence, 1997) et Neuf limericks neufs (Des Antipodes, 1998).



       Dans le parc soudain
très vide, un parapluie
       s'éloigne.


       Les bruits des voitures,
je les entends de la même
       oreille que les oiseaux.


       Tous dorment.
Je nage dans la nuit que
       verse la fenêtre.


       La pluie passe
dans la rue, papier
       qu'on froisse.


       Dans la neige fraîche
près du métro, mille flèches:
       pattes de pigeons.


       Les fourmis courent,
courent sur le patio
       tellement immense.


       Dans un verre d'eau,
3 tulipes, fanées,
       plus ou moins.


       Un vieil homme promène,
à pas lents, un vieux chien
       dans la pluie de 8 heures.


       Là, puis là, encore,
disparaît, apparaît, là,
       ici, la luciole.


       Train de nuit:
le cognement des boogies
       sur les rails - woogie.


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Guy MÉNARD

Guy Ménard est né à Granby, en 1948. Après des études de philosophie, de théologie et d'anthropologie, il enseigne quelques années en Afrique (Éthiopie), il est, depuis 1982, professeur au département des sciences religieuses de l'Université du Québec à Montréal et directeur de la revue Religiologiques. Il a publié des essais : De Sodome à l'Exode (Guy Saint-Jean, 1993), Les ruses de la technique (avec C. Miquel - Montréal et Paris, Boréal et Méridiens-Klincksieck, 1988); Petit traité de la vraie religion - à l'usage de ceux et celles qui souhaitent comprendre un peu mieux le XXIe siècle (Montréal, Liber, 1999). Il est également l'auteur des romans L'accent aigu (Montréal, Leméac, 1983) et Jamädhlavie Montréal, Boréal, 1990), ainsi que du recueil de poésie Fragments (Montréal, Hurtubise HMH, 1978) et des recueils de haïkus Hiéroclips. Haïkus baroques (Montréal, Ex Libris + Poésie, 1998), Les cloîtres (dessins en coffrets de Christiane Lemire et haïkus de Guy Ménard; 2000) et Lune des vents (Montréal, Ex-libris + Poésie, 2007). Voir son site.



si prenante, à l'aube,
au flanc du mont bleu, l'odeur
des eucalyptus


retenant leur souffle
en entendant le hoquet
des kalachnikovs


la forêt bruissait
de fées, d'elfes et de faunes;
Puck parlait à Pan


noire déchirure
hurlant sur la toile blanche
d'un grand Borduas


l'hyène ricane;
dans ses vieux murs, Harrar dort;
Rimbaud rôde encore


à l'heure où les faons
vont boire - au risque des fauves,
à l'insu de l'aube


le Petit Prince à
l'allumeur de réverbères:
«N'éteins pas la nuit!»


giclées d'or safran,
bronze bruissant, spasmes fauves,
grands râles porphyre


mon cœur en exil,
comme l'été banni, comme
un voilier d'outardes


gargouille alanguie,
sphinx à l'affût, noire énigme,
tu dors ? tu m'épies ?


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Line MICHAUD     linerouge@hotmail.com.ca

Née à Québec en novembre 1959, Line Michaud a passé son école primaire dans la lune. Elle a étudié à la polyvalente de Neufchâtel puis au CEGEP de Ste-Foy. Elle s'est faite ordonnée bodhisatva par Taisen Deshimaru en 1981 au temple de la Gendronière en France; elle écrit des haïkus de puis ce temps. Par la suite, elle a étudié en design graphique à l'UQAM. Elle est présentement illustratrice-pigiste, membre de l'AIIQ (l'Association des illustrateurs et illustratrices du Québec), et travaille en design textile sur ordinateur depuis 2001. Elle fabrique des mini-recueils de haïgas (Fleurs d'asphalte, 2005; La place du chat, 2006; Dans les bras du vent, 2007) qui sont vendus dans les Distrobotos de Montréal. Elle est co-auteure du rensaku Automne prélude (2008). On retrouve ses haïkus dans les collectifs Chevaucher la Lune (Éditions David, 2001), Dire le Nord (Éditions David, 2002), Dire la flore (Éditions David, 2004), L'Érotique poème court / haïku (Éditions Biliki, 2006), Le bleu du martin-pêcheur (Éditions L'Iroli, 2007), Pixels (Éditions Vents d'Ouest, 2008), Regards de femmes (Adage-AFH, 2008) et Toucher l'eau et le ciel (Éditions David, 2008). Ses haïkus ont également paru dans plusieurs numéros de la revue Haïkaï. Voir son blogue.



Dans le pot de miel
des miettes de pain grillé
qui resteront là


Au bord de la rue
six ballons d'anniversaires
le rouge est crevé


Des grains jonchent le sol
l'oreiller de sarrasin
a deux petits trous


Métro St-Laurent
ses talons claquent sur le quai
elle n'a pas quinze ans


Devant son miroir
l'amoureuse aux yeux cernés
soupire doucement


La pluie annoncée
vient frapper à la vitre
comme une vieille amie


Relevant la tête
pour voir la neige, je reçois
ton premier baiser


Le feu lèche la bûche
rien ne bouge dans la maison
seulement les ombres


Comme il est touchant
l'étranger qui dort dans le bus
sa tête sur mon épaule


Le froid et le vent
me pincent fortement les joues
comme de méchantes tantes


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Mike MONTREUIL     mikemontreuil@sympatico.ca

Natif du Nord de l'Ontario, Mike Montreuil travaille dans un centre de recherches à Ottawa. Intéressé par la poésie depuis ses années au secondaire, il a commencé à écrire des poèmes et haïkus en 2001. Ses poèmes (haïkus, tankas et haïbuns) écrits en anglais ont été publiés dans les revues Prairie Journal, Bottle Rockets, Modern English Tanka, et dans les revues électroniques The Heron's Nest, Comtemporary Haibun Online et Ink, Sweat and Tears. Ses poèmes de formes japonaises écrits en français ont paru dans Gong, Revue de tanka français, casse-pieds, Revue Haiku Canada, ainsi que dans plusieurs anthologies.



midi -
la ville ignore
les cloches d'église


mon premier café -
la reine
miaule pour son domestique


visiteur imprévu -
le divan grogne
sous son poid


proche de l'érable
un gamin joue cache-cache
avec son ombre


soirée à la maison -
sonate de hautbois
avec tondeuse


ton visage
ce matin -
la vérité


matin ensoleillé -
mon livre se trouve seul
dans la maison


dans le vieux quartier
un autre meurtre -
l'hiver trop long


la vérité
de la boussole -
ce vent d'hiver


parc de ville -
les canards ensemble
photo du dimanche


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Bertrand NAYET     bnayet@atrium.ca

Originaire de France, Bertrand Nayet vit au Manitoba depuis 1975. Il a été agriculteur et traducteur; il enseigne actuellement le français et le théâtre au Collège Louis-Riel à Saint-Boniface. Il fait preuve d'éclectisme puisqu'il est comédien, peintre, écrivain (nouvelles, contes, pièces de théâtre et poésie). Il a publié le recueil de nouvelles La Vie quotidienne et autres champs de mines (Éditions du Blé, 1998) et le recueil de haïkus Juste un grand vent. Ses textes ont paru dans la revue littéraire Prairie Fire et dans des collectifs: Blé (publié par Les Éditions du Blé lors de leur 25e anniversaire), Théâtre en pièces (publié par les Éditions du Blé pour le 75e anniversaire de la troupe du Cercle Molière) et le recueil Haïku et francophonie canadienne (Éditions David, Éditions du Blé et Éditions Perce-Neige, 2000). Dans l'hebdomadaire La Liberté, il a publié une série de contes de Noël, les romans épistolaires Klondike et, en collaboration avec Charles Leblanc, Correspondances. En 1999, en hommage à Louis Riel et à l'exubérance littéraire, il fonde avec d'autres écrivains franco-manitobains Le Collectif des écrivains post-néo-riélistes dont il devient le secrétaire perpétuel. (Photo: Martine Pelletier)



sur l'amas de troncs
poussés par la Rouge en crue
un peu de neige


un merle a sifflé,
le chat suit du regard
la chute d'un pétale


une femme en bleu
aux seins lourds et ronds
derrière une poussette


un bruit
la nuit dans la maison,
mon fils grince des dents


l'enfant tousse dans la nuit,
un angle aigu
sur ma montre


matin d'hiver gris,
odeur d'orange fraîche
sur tes doigts


trois matins
que la petites nonne grise
ne nettoie plus le trottoir


derrière cet homme,
dans l'air sec et glacé,
l'odeur du tabac brûlé


au bout du sentier
le passage de mon souffle,
givre sur ma barbe


rivière en étiage
les piles du vieux pont
sont visibles à nouveau


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Jeanne PAINCHAUD     jeannepainchaud@hotmail.com

Depuis presque 20 ans, Jeanne Painchaud se passionne pour le haïku. Elle détient une maîtrise en création littéraire de l'Université du Québec à Montréal (sujet : haïku et apprentissage du langage). Après le recueil de récits Le tour du sein (Triptyque, 1992), elle a écrit deux recueils de haïkus, Je marche à côté d'une joie (Les heures bleues, 1997; réédité aux 400 coups en 2006) et Soudain (David, 2002), puis le renku avec Francine Chicoine, Sous nos pas (David, 2003). Elle a collaboré à une douzaine d'anthologies et collectifs, ainsi qu'à plusieurs revues et sites Internet au Québec, au Canada, en France, en Belgique, en Bulgarie et au Japon. Elle est membre, notamment, du Haïku International Association (HIA), basé à Tokyo. Elle a d'ailleurs récolté une mention spéciale dans le cadre du concours annuel de la HIA en 2003, après un voyage au Japon. Voulant de plus en plus faire sortir le haïku du livre ou d'Internet, pour aller au devant des lecteurs et en faire un véritable art public, elle a monté trois expositions alliant poésie et arts visuels : Haïkus, poèmes en trompe-l'œil (1997), Poésie de la fourchette (2002) et Les mots sont des jouets (2009 - exposition ludique de ses haïkus reliés à l'enfance, à la Grande Bibliothèque, Montréal). Elle a créé le parcours de haïkus inscrits sur les trottoirs, Sous vos pas, des poèmes, dans le cadre du Marché de la poésie de Montréal (2006), repris au 3e Festival du haïku (Montréal, 2008). Elle anime des ateliers d'écriture de haïku.



tu as froid dans mes bras
tu veux que je réchauffe
le vent


une rognure d'ongle
sur la tuile bleue
une lune devant tes yeux


ta petite question
au dessus de mon livre :
tu lis le blanc ou le noir ?


dans la glace, une mitaine
quelque part dans la ville
une petite main gercée


buvant mon café
une pensée pour celle
qui en a cueilli les grains


d'une flaque d'eau
repêcher un billet de loto
on ne sait jamais


banc de parc
un vieux monsieur bedonnant
bouddha ordinaire


cimetière enneigé
l'allée déblayée
pour les vivants


soir de pharmacie
croiser un sourire d'homme
devant tant de condoms


hotmail
supprimer l'adresse d'une amie
morte la veille


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Monique PARENT     monique_parent@hotmail.com

Monique Parent vit à Trois-Rivières. Elle a découvert le haïku lors d'un atelier d'écriture en 2000 et publié le recueil Fragiles et nus aux Éditions David en 2003. Ses haïkus ont apparu dans diverses anthologies (Haïku et francophonie canadienne, Chevaucher la lune, Dire le Nord, Dire la faune, Dire la flore, L'Érotique, poème court et Carpe Diem) et revues (Arcade, Gong, Casse-pied). Elle anime des ateliers d'écriture; une de ses expériences auprès d'élèves de niveau primaire s'est concrétisée par la publication de Mélange de vie : 125 haïkus pour Trois-Rivières (Commission scolaire du Chemin-du-Roy, 2004). Ses haïkus, traduits en anglais et en japonais, ont fait partie de l'exposition Voyage au pays de Karakuri, qui a eu lieu en décembre 2006, au Centre d'exposition Raymond-Lasnier de la Maison de la Culture de Trois-Rivières; cette exposition était organisée autour de différents jouets de bois fabriqués par Minoru Takahashi, artisan japonais de réputation internationale. D'autres textes ont paru dans le collectif La nuit des gueux (Plume Libre, 2006). Elle est trésorière de la Société des écrivains de la Mauricie. Elle préside le regroupement des Citoyennes de la SSJB de la Mauricie. Elle a siégé pendant plusieurs années au conseil d'administration du Salon du livre de Trois-Rivières. Elle a été récipiendaire du prix littéraire Odette Lebrun de la Société d'étude et de Conférences, en 1994.



l'artiste a peint
une nuit
elle sèche au soleil


au cœur de la toundra
en silence     pas à pas
la mousse me suit


l'enfant dort
à sa fenêtre
des lapins voilent la lune


entre nous     une table
deux verres vides
l'immensité boréale


sur les meubles
une pellicule de poussière
ma page     toujours blanche


mouvements de taï chi
de ses bras     elle pousse
les nuages du ciel


au creux du brouillard
le pont Laviollette
et mes pensées


mon cri
silence de la couleuvre
et tombe une framboise


papillonnant
de couleur en couleur
l'enfant dessine des fleurs


sur la paroi rocheuse
Jésus et Marie
coincés dans un cœur


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keven pearson tremblay     ozschtroumpf@hotmail.com

« keven pearson et tremblay, natif de fleurimont aux abords de sherbrooke, se souvient de ce doux, douloureux, 15 mai 1981 : il neigeait dans le soleil. son amour pour les jeux et tout ce qui touche à l'art se révèle aussitôt que possible, il en fait sa prison de choix, son île déserte, son unique désir. ainsi grandit-il, s'adonnant à la bédé, aux sports, aux jeux de société, aux labyrinthes, aux jeux de mots… il se tourne vers les romans, le théâtre, la musique …la poésie. la poésie naît en même temps que l'amour. depuis ce temps il en dérougit pas. il étudie en télé, il perd son temps, puis il étudie en cinéma. ensuite il trippe, un temps. désabusé il part en voyage; à son retour il s'inscrit en création littéraire à laval, pour parfaire son art : sans l'écriture, pas de chansons, pas de cinéma, etc. sa bonne professeure, anne peyrouse, lui fait découvrir le haïku, et lui prête ses livres d'andré duhaime. trois ans plus tard, à la maison des auteurs de gatineau, il rencontre ce fameux andré. celui-ci l'invite à participer à sa revue, haïkaï. de fil en aiguille, un petit livre naît, la peau des lèvres, a été publié aux éditions cornac (2009). suivent quelques extraits de ce recueil. » Il vit à Gatineau.



je marche
d'ombres d'arbres
en ombres d'arbres


une lettre intime
sur un petit chèque
mangée par le guichet


pas encore
cette belle femme
cette belle affiche


résonnance
des feuilles mortes
dans mon cœur


ma chatte
jalouse
de mon crayon


je lis marie uguay
et je m'avise elle meure
dans quatre pages


une main
dans un dos
caresse du pouce


les yeux mi-clos
des flocons
dans les cils


ma mère ne sait pas
la guêpe posée sur elle
tout va bien


au matin ma lampe
allumée je suis habillé
mes livres sur mon lit


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Luce PELLETIER     lucepelletier@live.ca

Originaire de la Mauricie et rédactrice commerciale de métier, Luce Pelletier est poète autodidacte. Elle pratique le haïku et d'autres formes de poésie japonaise depuis 2005. Elle a été primée au Grand Concours international de haïku organisé par Marco Polo magazine où elle obtient successivement les prix Hiver 2005, Paix 2006, Gourmandise 2007 et Belleville Galaxie 2008. Elle a également été lauréate du prix Femmes 3000, décerné à Paris en 2005. On retrouve de ses textes (poésie libre, haïku et autres) dans quelques collectifs au Québec et en France, dont Regards de femmes (AFH et Adage, 2008) et Pixels (Vents d'Ouest, 2008), ainsi que dans les revues Carquois, Haïkaï, Revue du Tanka francophone et Haiku Canada Review. Elle fait partie du cercle des Poètes de la Montérégie et du Groupe Haïku Montréal. Elle a également été codirectrice de la revue Carquois pendant un an et demi. Elle vient de publier Automne prélude, un rensaku écrit en collaboration avec Diane Descôteaux et Line Michaud.



la brise d'avril
porte un parfum de café -
s'asseoir au soleil


nouvelles neiges -
je trace le sentier
où j'en ai envie


tranche d'orange
dans l'assiette bleu de ciel -
gris matin d'octobre


famille élargie
au super écran HD -
« Super Bowl »


la lune se voile -
en panne sur l'autoroute
sans sa p'tite laine


nuit de canicule -
insomniaque je dessine
un extra-terrestre


chanteur ennuyeux -
croquer la graine de carvi
prise entre mes dents


orage sur l'étang -
tout trempé, l'enfant s'inquiète
des poissons


le banc du parc -
assez grand pour trois amis
ou deux inconnus


en fond d'écran
le palmier d'un vert parfait -
neige à la fenêtre


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Michel PLEAU     pleaupoesie@yahoo.ca

Originaire du quartier Saint-Sauveur à Québec, Michel Pleau consacre sa vie à la poésie. Depuis 1992, il a publié une dizaine de livres de poèmes. Il a reçu les prix Alphonse-Piché, Octave-Crémazie et Félix-Antoine Savard du Festival International de la poésie de Trois-Rivières. Il anime des ateliers de création. Lauréat 2007 de la Résidence d'écriture Québec-Paris, il a séjourné 3 mois à la Cité internationale des Arts de Paris entre avril et juin 2007. Il est finaliste du Prix du Gouverneur général du Canada pour son recueil de poèmes La lenteur du monde (2007; Prix du Gouverneur général) publié aux Éditions David, lesquelles éditions ont déjà publié ses deux recueils de haïkus Soleil rouge (2004) et Arbres lumière (2005).



sur cette photo jaunie
mon père a mon âge
c'est toi dit ma blonde


je touche le ciel
une mésange vient de se poser
dans ma main


il sort de la terre
le bel arbre
père ressuscité


salicaire
depuis que je connais son nom
plus belle encore


mon ombre
s'allonge
devenir un vieux poète


sur le mur
l'ombre du pommier
donne des pommes


la lumière de mai
ce matin je prends le temps
de la toucher


bouleau de décembre
la neige
devenue arbre


silence
la lune est prise
dans les branches


tout à coup
les arbres parlent d'autre chose
j'entre dans le bois


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Alain RAIMBAULT     ralain@scolaire.ednet.ns.ca

Alain Raimbault est né à Paris en 1966. Après avoir été enseignant de français, d'histoire et de géographie à Bressuire (Poitou-Charente), il a émigré au Canada en 1998. Il enseigne à l'école Rose-des-Vents, en Nouvelle-Écosse. Il a publié une quinzaine de romans (pour adultes et pour la jeunesse), parmi lesquels Le ciel en face (Éditions Bouton d'or, 2005 - finaliste au Prix France-Acadie et lauréat du Prix Émile-Ollivier 2007), et Confidence à l'aveugle (Hurtubise HMH, 2008 - finaliste au Prix littéraire Antonine-Maillet-Acadie Vie). Il a publié quatre recueils de poèmes aux Éditions David, dont les deux recueils de haïkus Mon île muette (2001) et New York loin des mers (2002). Ses haïkus ont été publiés divers ouvrages collectifs : Haïkus et francophonie canadienne (Éditions David, 2000), Chevaucher la lune (Éditions David, 2001), Dire le Nord (Éditions David, 2002), Dire la faune (Éditions David, 2003), L'Érotique (Éditions Biliki, 2006) et Carpe Diem (Éditions David/Borealis Press, 2008). Il a publié des poèmes et des nouvelles dans diverses revues de la francophonie. En 2006, il a obtenu le Prix Grand-Pré pour l'ensemble de son œuvre et, en 2007, le Prix de mérite pour un artiste établi (remis par le gouvernement de la Nouvelle-Écosse).



un château de mer
clandestine exubérance
des rochers fouettés


des formes de paille
pour effrayer les rapaces
de la péninsule


cette littorine
cherche l'abri du ressac
la griffe du sel


ce sont les Christs blancs
des chapelles de montagne
qui portent les neiges


contre la fenêtre
les reflets se jouent du givre
un fossile d'ange


plus aucun sentier
un hameau trop fréquenté
par l'hiver en pointe


on ne peut savoir
si l'hiver confond ses glaces
avec ses aurores


un pays sans sud
aux frontières maladroites
encre sur papier


depuis l'autre rive
le phare paraît mesquin
kitsch et nostalgique


on voit que ces barques
sur cette eau où tout se presse
sont mêlées de nuit


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Patrick SIMON

Né le 5 mars 1953, à Metz en Lorraine (France), Patrick Simon vit maintenant au Québec. C'est avant tout un humaniste et qui revendique la tolérance et l'ouverture sur l'autre comme projet de vie. L'écriture ainsi utilise plusieurs registres de la sensation, de l'émotion et des sentiments pour nous parler de l'existence humaine à travers des interrogations que nous pouvons nous poser en ce nouveau siècle. Le choix est clair. C'est celui de la quête d'humanité. En auteur sensitif et passionné, il apporte sa contribution humaniste dans un monde à la recherche de nouvelles valeurs. Valeurs augurées à travers ses écrits. Essayiste, romancier et poète, Patrick Simon a publié son premier ouvrage, Toxicomanie : mythes et réalités, en 1984. Et depuis, une quinzaine d'ouvrages sont parus, les plus récents étant À deux pas de moi - haïku et tanka (Éditions Mille poètes, 2006) et Tout près de moi - tanka (Éditions RTF, 2008). En 1970, il crée une première revue littéraire et artistique, Graffiti; en 2007, il crée la Revue du tanka francophone et se consacre de plus en plus à cette forme de poème fixe et court, proche, selon lui, à l'impressionnisme dont il est amateur. Voir son site.



Terrasse au soleil
oublier vrombissement
et conciliabules


Beauté des plages
assis sur un gros caillou
les yeux en éveil


D'un mur à l'autre
des arabesques à l'ombre
et toi au soleil


Clameur et soleil
dans le cercle six taureaux
te saluent - meurent


Parmi les jasmins
les orangers enivrants
nos pas incertains


Des rues désertes
que n'atteint pas le soleil
s'y perdre parfois


Courbes éparpillées
quand les plages s'animent
sous le ciel bleu pâle


Dans un matin chaud
les cheveux ébouriffés
parmi les livres


Gardienne des corps
la lune plus pâle qu'eux
sur le sable brun


L'après flamenco
la nuit s'est faite intime
Séville m'émeut



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Monika THOMA-PETIT

Originaire d'Allemagne, Monika Thoma-Petit vit à Montréal depuis plus de trente ans. Elle est membre de l'Association Française du Haïku et de Tanka Canada, et elle participe aussi aux rencontres du Groupe Haïku Montréal (GHM). Elle est lauréate des Prix Marco Polo : Vent (2005) et Originalité (2006). On trouve ses haïkus, senryûs, haïbuns et tankas dans des revues spécialisées et des anthologies ainsi que sur les sites internet Haïku sans frontières et Temps libres. On peut la lire au jour le jour sur son blogue.



après l'averse
odeurs de tisane
sous les tilleuls


brise sur le lac
dans le reflet des mélèzes
quelques rides


là-bas repose
entre deux montagnes de feuilles
un merle


matin limpide
dans le ciel d'automne, la lune
s'attarde un peu


sur le VTT
siège arrière, moustache au vent
un petit chien blanc


soleil d'automne
sans se presser, un renard
traverse mon jardin


pleine lune
toute la nuit, je rêve
de chapeaux


deux guêpes sur l'eau
l'une s'échappe, l'autre appartient
au poisson


vieille clôture
un pied de framboise
s'est échappé


Wenn der Abend kommt
sitz ich unterm Baum und höre
was die Amsel singt

      tombée du soir
      assise sous mon frêne, j'écoute
      ce que chante le merle



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Jessica TREMBLAY

Née à Chicoutimi en 1973, elle a publié les recueils de haïkus Le sourire de l'épouvantail (Éditions David, 2003) et Les saisons de l'épouvantail (Éditions David, 2004). Elle a participé aux ouvrages collectifs Dire la faune (Éditions David, 2003), Dire la flore (Éditions David, 2004), L'érotique (Éditions Biliki, 2006), Dix vues sur le haïku (AFH, 2007), La rumeur du coffre à jouets (Éditions L'Iroli, 2008), Pixels (Vents d'Ouest, 2008), Regards de femmes (Adage-AFH, 2008) et Carpe Diem (Éditions David, 2008). De 2005 à 2008, elle s'est impliquée au sein de l'Association française de haïku en tant que membre du conseil d'administration, secrétaire, et membre du comité de rédaction de la revue Gong. Un de ses haïkus a obtenu la deuxième place au Concours Mainichi 2007. Ses haïkus se sont promenés dans le métro de Montréal (Concours de la STM « Et si j'étais poète », 2007) et le SkyTrain de Vancouver (Vancouver Cherry Blossom Festival Haiku Invitational 2008). Elle produit la bande dessinée Vieil étang, un blogue et le site Vieil Etang consacré à une approche ludique du haïku. Elle vit à Vancouver depuis 2005.



fonte des neiges
les objets perdus
réapparaissent


après l'orage
il pleut encore
longtemps sous l'arbre


vacances d'été
une sauterelle
et des cris d'enfants


brouillard matinal
sur la montagne
un seul arbre


sur la gelée blanche
les oiseaux passent
et repassent


épouvantail
sur ses maigres épaules
la ligne d'horizon


bourrasque
la tête de l'épouvantail
change de direction


coucher de soleil
moitié ombre moitié lumière
l'épouvantail


nuit d'hiver
le vent ouvre et ferme
la boîte aux lettres


rafales
il neige seulement
sous le vieux pin


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Louise VACHON     louise.vachon2@caramail.com

Louise Vachon a collaboré à plusieurs collectifs de haïkus publiés ici et à l'étranger : Dire le Nord (David, 2002), Ombres et lumières (Sofia, Bulgarie, Éditions LCR, 2003), Dire la faune (David, 2003), Dire la flore (David, 2004), Éclair soudain (AFH, 2005), L'érotique, poème court/haïku (Bruxelles, Éditions Biliki, 2006), Carpe diem (David et Borealis Press, 2008), Pixels (Vent d'Ouest, 2008), Regards de femmes (Adage-AFH, 2008). Elle collabore régulièrement à des revues littéraires. Elle a mérité une mention honorable au 11e Concours de haïkus du journal Mainichi (Tokyo, Japon), section internationale, en 2007, et a fait paraître en 2008 son premier recueil en solo, Fil de presse, aux Éditions du Glaciel, qui pose un autre regard sur le monde à travers l'actualité.    (Photo : © Roger Joannette)



à la une du journal
une femme       un enfant
et un blindé


mariage afghan
mitraillette en bandoulière
le frère du marié


en larmes
le cortège nuptial
au cimetière


en gros plan
la chevelure hirsute
du président déchu


photo couleur
le rouge de la catastrophe
rien d'autre


entourant un enfant
une femme à la burka
un homme à la kalachnikov


un prisonnier
des fils électriques aux mains
Abou Ghraïb


les enfants
des munitions plein les mains
la routine


par terre des grenades
et d'autres armes inconnues
notre ignorance


anniversaire du jour J
un peloton de vieillards
sur un char d'assaut



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Jocelyne VILLENEUVE

Jocelyne Villeneuve est née en 1941 à Val d'Or, Québec; elle a vécu à Sudbury, Ontario, de 1953 jusqu'à sa mort, en mai 1998. Elle a publié ses livres en français et en anglais chez divers éditeurs ontariens et québécois: Des gestes seront posés (Prise de Parole, 1977), Contes des quatre saisons (Héritage, 1978), Le Coffre (Prise de Parole, 1979), Nanna Bijou: le géant endormi (Prise de Parole, 1981), Nanna Bijou: The Sleeping Giant (Penumbra, 1981), La Princesse à la mante verte (Prise de Parole, 1983), La Ménagerie (Plaines, 1985), Terres des songes (Vermillon, 1986), Contes de Noël (Plaines, 1987), Greenmantle (Penumbra, 1988), Les Friperies (Prise de Parole, 1989), Le Geai bleu et le papillon (Vermillon, 1992) et Vie première (Meera, 1992). Des extraits de ses ouvrages ont été diffusés sur les ondes de Radio-Canada. Dans le domaine du haïku, ses poèmes ont paru dans diverses revues et anthologies au Canada, aux États-Unis et au Japon; elle a publié les recueils: La Saison des papillons (Naaman, 1980), Feuilles volantes (Naaman, 1985) et Marigolds in Snow (Penumbra, 1993); elle a laissé le recueil inédit Bagatelles.



J'entends la grive -
Derrière moi, les notes oubliées
d'un autre été.


Des phrases composées
dans le soleil qui flâne
sous ma plume.


Du soleil couchant
des mouettes en courbes roses
obliquent vers demain.


Les érables en feu.
Ma main ralentit sa marche
sur la page blanche.


Le geai s'envole.
La branche où il était perché
continue de vibrer.
hunger moon
watching
as I turn forty


first day of Spring -
the neighbour's child walks in
unannounced


my parents
chatting in the swing
day of golden sunlight


Labour Day
back from the cottage
June on the calendar


friends
sharing one tea bag
this winter's day

la lune de la faim
me regarde dormir
j'ai quarante ans


premier jour du printemps -
l'enfant du voisin entre chez nous
à l'improviste


mes parents
jasent blottis au fond de la balançoire
soir couleur âge d'or


Fête du Travail
découverte au retour du chalet
le calendrier indique juin


jour d'hiver
un couple se partage
un seul sachet de thé

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Évelyne VOLDENG

«Née en Bretagne, Évelyne Voldeng est venue s'établir à Ottawa en 1968. Elle est professeure au Département des études françaises à l'Université Carleton. Elle s'intéresse à la poésie des 19e et 20e siècles, aux écritures féminines et au conte populaire. Romancière mais surtout poète, elle a publié cinq recueils: Les Plaquebières (Rougerie, 1980), La Rose épervière (Rougerie, 1983), Les Étoiles d'eau (Rougerie, 1987), Mes Amérindes (Éditions Louis Riel, 1988) et La Cosse blanche du temps (Rougerie, 1992). Elle préfère le poème court, dense, lyrique, néo-surréaliste. Profondément influencée par la nature, elle fait souvent appel à une imagerie florale. Elle passe ses moments de loisir à poursuivre ses recherches universitaires, à écrire et à voyager, souvent en Asie et au Japon notamment où elle a parlé récemment du haïku en France, au Japon et au Québec. Son recueil Haïkus de mes cinq saisons est paru aux Éditions David (2001).» Elle est décédée accidentellement le 1er juillet 2002.



Jardin botanique
un oiseau sur mon collier
de coquillages.


Les poissons séchés
fragrance sauvagine
marché de Tôkyô


Banquet raffiné
un éclair de baguettes
du boeuf de Kôbe.


Deux lions enlacés
une crinière rouge
une scène de kabuki.


Le papillon bleu
au coeur du volubilis
essaime le temps.


Une cataire
la plante des décombres
rendez-vous des chats.


Les boutons rouges
éclosent en feuilles vertes
et ma robe déteint.


Marée de souliers
le bouddha d'émeraude
sourit aux lotus.


La fleur de misère
croît au pied des palais blancs
les chiens l'arrosent.


Le vaste océan
salure des revenants
grande tombe bleue.


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